La fin du jardin d'Eden (1636-1664)

Après le départ des premiers colons vers le sud de la Guadeloupe, le quartier redevient tranquille. Le Père Dutertre nous le décrit :

... d' après le récit des chasseurs, c' est une des plus belles parties de l'île ; la mer est extrêmement paisible ; on ne saurait croire combien les lamentins, les tortues et tous les autres poissons s'y plaisent. Chaque année, on en tire plus de trois ou quatre mille tortues et un très grand nombre de lamentins et on en tirer a jusqu' à la fin du monde sans les épuiser.

Les lataniers abondent, jamais plus gros que la jambe, droits comme une flèche, hauts de vingt mètres. Les feuilles servent à couvr ir les cases et à fabriquer des parapluies et parasols, tant pour les femmes sauvages que pour les françaises. La peau de la queue des feuilles permet de fabriquer les vanneries des sauvages. Enfin, le tronc fournit le meilleur bois pour construire les cases (il y a encore la Pointe Latanier).

Il y a encore, ici et là, des Caraïbes qui ont repris leur vie habituelle : un lieu s'appelle « vieille case », on parle d'une caraibesse nommée Madame. Peut-être loge-t-elle près de la Pointe Madame.

Simultanément s'installent les premiers habitants. Le plus opulent est Jacques Angot, marié, 5 enfants, et disposant déjà de 22 esclaves ; il est installé au coeur de ce qui deviendra le bourg. Les huit «cases » recensées en 1664 totalisent 27 blancs et 29 noirs. Il y a seulement 4 couples blancs et les noirs sont pr~sque tous chez Jacques Angot.